La conférence de presse de M. Véran le 23 septembre assène un nouveau coup de masse sur les libertés individuelles. S’il n’est toujours pas question de remettre au centre des préoccupations gouvernementales des embauches et des moyens pour les Services Publics, la responsabilité individuelle est à nouveau engagée, et les restrictions des libertés individuelles s’accélèrent. La schizophrénie du pouvoir va jusqu’à scinder les méfaits de la pandémie en deux : aucun impact sur les lieux de travail mais meurtrière dans les lieux de rencontres et d’interactions sociales.  

Notre analyse :

 

D’un côté, le ministre de la santé continue de mettre en avant la hausse des cas positifs au test mais admet que le taux d’admissions à l’hôpital pour les malades de Covid a augmenté de 1% seulement en une semaine. De l’autre côté, des annonces gouvernementales sur fond de catastrophisme nous présentant  une projection pour l’île de France dans laquelle les admissions en réanimation des malades du Covid passeraient  à 40% au 10 octobre, 25% le 25 octobre, pour atteindre les 85% le 11 novembre.

Doit-on penser que le pouvoir se positionne une nouvelle fois comme subissant la fatalité ?! Qu’en-est-il vraiment ? Et si la situation est telle, pourquoi en 6 mois, l’état n’a toujours pas été capable de préparer la 7ème puissance mondiale à une reprise de l’épidémie ?
En 6 mois, le gouvernement n’a une fois de plus comme réponse que des restrictions aux libertés individuelles.
Les syndicats, les personnels de santé, les associations, les élus d’oppositions ont tous demandé que soient planifiées les dispositions économiques, écologiques, sociales, humaines à prendre dans ce contexte inédit. Admettons qu’en mars « personne ne s’y attendait », oui, mais maintenant ?

La responsabilité est à nouveau reléguée à l’individu :

« La première clef, nous la connaissons et nous la détenons : respect des gestes barrières [formule magique qui résonne désormais comme une incantation]. Lavage des mains, respect des distances, port du masque et plus globalement, réduction des interactions sociales et vigilance collective autant dans la sphère publique que dans la sphère privée. […] On ne peut pas être extrêmement vigilants dans le métro, dans le bus, à son bureau, dans un commerce et relâcher toute forme de vigilance dans un bar ou chez soi en invitant des amis ou au contact de sa famille »

Pour 69 départements, soit 7 départements sur 10, ce sont des restrictions de libertés sous forme de couvre-feux et d’interdiction d’interactions, fondement même d’une société dans le règne animal.

Que peut-on penser de l’obligation de fermeture des lieux « accueillants du public » en Guadeloupe et à Marseille exceptant les théâtres, musées et cinémas ?
Que peut-on penser de la fermeture des salles de sport et gymnase alors que nous continuons la pratique de l’EPS à l’école et des classes à 30 ou 40 dans le même temps ?

La menace pour certains territoires de déclencher à nouveau « l’état d’urgence sanitaire » pèse désormais lourdement, et la responsabilité sera donc, une nouvelle fois, celle des individus. Exemple de la responsabilité individuelle émanant du Rectorat d’Orléans en direction des personnels de surveillance dans les établissements scolaires : http://www.orleans.snes.edu/Le-SNES-denonce-le-courrier-de-la-Rectrice-adresse-aux-AED.html

L’objectif du gouvernement n’est pas caché : c’est la limitation des contacts et des rassemblements.

Dans notre pays, les bars, les associations, les lieux communs, les rassemblements festifs ou revendicatifs, sont autant de lieux qui servent d’agora pour le peuple. Pourquoi en limiter les accès aujourd’hui alors que les lieux de travail, les établissements scolaires… restent ouverts avec souvent un protocole sanitaire allégé ?
Nous ne pouvons y voir une seule raison, la peur du peuple.
Pourquoi ?
Par exemple, rappelons-nous que dans le « Plan de Relance », 40 des 100 milliards viennent de l’Union Européenne. Or, l’Union Européenne ne versera ces milliards (que nous rembourserons, par ailleurs à hauteur de 67 milliards) qu’à condition que le gouvernement français mette en place la réforme des retraites.
Souvenons-nous qu’avant le confinement, ce même gouvernement avait fait un passage en force anti-démocratique en dégainant le 49.3 sur ce projet de réforme, détournant le regard de la plus longue et massive mobilisation sociale depuis un siècle.
Cette réforme va être remise au calendrier gouvernemental dans les semaines qui viennent, le gouvernement a donc tout intérêt à ce que les organisations, les travailleurs, le peuple entier n’aient pas trop l’occasion d’échanger par crainte de voir ressurgir le mécontentement populaire dans les rues de France.